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mardi 29 octobre 2013

Article de la semaine : Pourquoi les médias ne questionnent pas Obama ?

Le journaliste Seymour Hersh :
Pourquoi les médias ne posent-ils jamais aucune question à Obama ?

Seymour Hersh a des idées extrêmes pour régler les problèmes du journalisme – fermer les rédactions de NBC et ABS, virer 90% des directeurs de rédaction et revenir au travail de base du journalisme qui, selon lui, consiste à être un outsider. Il n’en faut pas beaucoup pour énerver Hersh, le journaliste d’investigation qui a été le cauchemar des présidents US depuis les années 60 et fut un jour décrit par le parti républicain comme « ce que le journaliste compte de plus proche d’un terroriste ». Il est en colère contre la frilosité des journalistes aux États-Unis, contre leur incapacité à défier la Maison Blanche et à incarner un messager impopulaire de la vérité.
Hersh est en train d’écrire un livre à propos de la sécurité nationale et y consacre un chapitre à la mort de Ben Laden. Il dit qu’un rapport récent produit par une commission pakistanaise « indépendante  » sur la vie dans le quartier où était terré Ben Laden ne tient pas la route. « Les Pakistanais ont sorti un rapport, ne m’en parlez pas. Disons-le ainsi : il a été réalisé avec un apport américain considérable. C’est un rapport bidon,  » déclare-t-il en mentionnant des révélations à paraître dans son livre.
L’administration Obama ment systématiquement, déclare-t-il, mais aucun des ténors des médias américains, des chaînes de télé à la grande presse papier, ne remet en question ce qu’elle affirme.
« C’est pathétique, ils sont plus qu’obséquieux, ils ont peur de s’en prendre à ce mec (Obama),  » affirme-t-il dans une interview accordée au Guardian.
 

Snowden a changé le débat autour de la surveillance

Il est persuadé que le dénonciateur de la NSA Edward Snowden « a changé la nature du débat » sur la surveillance. Hersh dit que lui-même et d’autres journalistes ont écrit à ce sujet, mais Snowden était pertinent car il a fourni des preuves documentées – bien qu’il soit sceptique quant à l’effet que cela aura sur la politique du gouvernement américain.
« Duncan Campbell [le journaliste d’investigation britannique qui a révélé l’affaire Zircon], James Bamford [journaliste américain] et Julian Assange et moi et le New Yorker, nous avons tous décrit cet état de surveillance constante, mais il [Snowden] a fourni un document et cela a changé la nature du débat, c’est désormais une réalité,  » déclare Hersh.
« Les directeurs de rédaction adorent les documents. Les directeurs de merde qui n’auraient jamais approché ce type de sujet, ils adorent les documents, et il a donc changé la donne,  » ajoute-t-il, avant de préciser sa pensée.
« Mais je ne sais pas si cela aura une influence à long terme parce que d’après les sondages que je vois aux États-Unis, le président peut se contenter de dire ‘Al-Qaïda, Al-Qaïda’ et le public votera à deux contre un pour ce genre de surveillance, ce qui est tellement idiot.  »
Devant un public dense lors des cours d’été de la City University à Londres, Hersh, 76 ans, met le paquet, avec une déferlante d’histoires étonnantes sur ce que le journalisme était par le passé ; comment il a révélé le massacre de My Lai au Vietnam, comment il a obtenu les photos de soldats américains brutalisant des prisonniers irakiens à Abu Ghraïb, et ce qu’il pense d’Edward Snowden.
Traduction par le collectif Investig'Action Source originale :
The Guardian Suite de l'article dans Investig'Action

Lien : http://paslinfo.blogspot.fr/2013/10/article-de-la-semaine-pourquoi-les.html