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jeudi 1 janvier 2015

Pétrole : pourquoi le prix à la pompe baisse bien moins vite que le baril ?



L'association de défense des consommateurs CLCV dénonce les marges des distributeurs, qui profitent de la chute des prix du brut pour gonfler leurs revenus.
Le prix des carburants on baissé à la pompe, mais peut-être pas toujours autant qu'ils auraient dû. AFP - Le prix des carburants on baissé à la pompe, mais peut-être pas toujours autant qu'ils auraient dû.

À qui profite la baisse des prix du pétrole ? Pas seulement au consommateur, si l'on en croit une étude de Association nationale de défense des consommateurs et usagers CLCV révélée par "Le Parisien" jeudi 26 décembre.

"Dans un contexte de forte baisse du prix du baril, la CLCV alerte sur le fait que les marges de distribution sur l’essence sans plomb et sur le fioul domestique sont reparties à la hausse depuis trois semaines et atteignent des niveaux trop élevés."


Un décalage incompressible

Le calcul semble simple. Depuis juin, le baril de brut de la mer du Nord a perdu 50% de sa valeur. Il est passé de 115 dollars à 60 dollars. Alors que sur la même période, le prix à la pompe a baissé de 17%, le litre de gazole étant passé de 1,35 à 1,15 euro.

Mais en réalité, il est normal que la chute du pétrole ne se répercute pas exactement dans la même proportion sur le prix à la pompe. Car seul un tiers du prix du carburant dépend du prix du pétrole brut. Le reste vient des taxes, qui ne baissent pas - bien au contraire – et du taux de change de l'euro par rapport au dollar.

De plus, il y a toujours un décalage entre la baisse du prix de la matière première et celle du produit final, le temps que le brut soit extrait, transporté, raffiné, retransporté, puis distribué.

Des marges en hausse

Néanmoins, la CLCV estime que ce décalage inexorable n'explique pas entièrement la différence entre la baisse de 50% des prix du pétrole et de 17% des prix à la pompe. L'association a regardé de près les relevés de Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui surveille un panel de stations-service. A l'exception du gazole, les marges sur le carburant augmentent désormais de manière déraisonnable.

"Pour l’essence, dénonce l'association, la marge était de 9,4 centimes par litre en moyenne sur l’année 2014 et de 10,8 centimes par litre en novembre. Elle est passée à 12,3 centimes par litre la première semaine de décembre, 12,8 centimes par litre la deuxième semaine et 12,4 centimes par litre la troisième semaine."

Même principe pour le fioul domestique : "La marge était de 12 centimes par litre en moyenne sur l’année 2014 et centimes par litre en novembre", note CLCV. Elle est passée à 14 centimes par litre la première semaine de décembre, 14,7 centimes la deuxième semaine et 15,1 centimes la troisième semaine.

Qui perd, qui gagne ?

Les distributeurs profitent de la baisse des prix pour se rémunérer davantage. Toute la chaîne de production est revalorisée. Et c'est le consommateur final qui finance. Pour une part, cette hausse de marge n'est pas forcément illégitime, car elle peut venir compenser des périodes – un peu - moins rémunératrices pour les pétroliers. C'est le cas sur le raffinage notamment. Mais pour une autre part, c'est du pur profit sur le dos du consommateur.

CLCV appelle donc les distributeurs de carburants "à redresser la barre très vite et à respecter leur engagement de ne pas pratiquer des marges de distribution excessives". D'autant que cette forte hausse de marge intervient juste après la réunion organisée par François Hollande le 7 décembre entre les associations de consommateurs et les distributeurs, à l'issue de laquelle CLCV avait souligné que les marges sur l'essence notamment avaient fortement augmenté sans que cela ne soit déraisonnable.

Article écrit par Donald Hébert

Source : NouvelObs
Lien http://paslinfo.blogspot.com/2015/01/petrole-pourquoi-le-prix-la-pompe.html